Ce sentiment de l’été

Posted in Ciné, cinéma
on 12 février 2016

Je suis allée voir il y a quelques temps déjà le nouveau film de Mikhaël Hers (le réalisateur de Memory Lane) qui sortira en salle le 17 février prochain, Ce sentiment de l’été.

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L’histoire est celle de Zoé (Judith Chemla) et Lawrence (Anders Danielsen Lie). Elle vient de perdre sa sœur, Sasha (Stéphanie Déhel); lui, sa compagne. Sasha est en effet décédée subitement durant l’été. Sa sœur et son fiancé ont du mal à s’en remettre et se rapproche trois étés de suite dans trois villes différentes.

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Si le film a eu le prix du jury au festival du film indépendant de Bordeaux en 2015 et a été salué unanimement par la critique, moi il n’a pas vraiment su me toucher. Certes, il aborde avec beaucoup de sensibilité et de pudeur la question du deuil et de la lente reconstruction de ceux qui restent. Certes les images sont belles. Mais ça n’a pas suffit. Franchement moi je me suis ennuyée tout du long ou presque. Ce sentiment de l’été est chiant mais chiant!!!

ce sentiment de l'été

Je pense que ce qui m’a gêné c’est le rythme lent de ce film et le peu de dialogue. Les personnages parlent en effet très peu dans ce film. Dès les premières minutes, le ton est donné : on assiste au réveil de Sasha dans l’appartement qu’elle partage avec Lawrence. Elle se lève, prend son petit-déjeuner, s’habille et part à son atelier. Elle travaille avant de repartir. Alors qu’elle marche tranquillement pour rentrer chez elle, elle s’effondre. On se retrouve alors à l’hôpital et l’on comprend très vite que Sasha est décédée. Durant ces quelques minutes qu’ont duré ces quelques plans, très peu de mots ont été échangés. C’est limité Bonjour/Bonsoir. Et ça sera comme ça tout du long. Le souvenir de Sasha sera peu évoqué finalement par ceux qui l’on aimé. Quelques mots à peine.

ce sentiment de l'été

C’est cette absence de mots et cette lenteur qui m’ont sans doute donné l’impression d’une superposition de scène sans lien véritable entre elles. Chaque été se déroule en effet dans une ville différente : Sasha meurt à Berlin; Zoé, sa sœur retrouve Lawrence l’été suivant à Paris lors de l’anniversaire d’une copine puis elle vient passée quelques jours à New York chez lui avant d’aller retrouver un ami dans le Tennessee. Je n’ai pas eu l’impression que le souvenir de Sasha fasse vraiment le lien entre ces trois époques.

ce sentiment de l'été

Bref Ce sentiment de l’été est une déception et je ne vous recommande pas d’aller le voir.

Il était une lettre de Kathryn Hughes

Posted in Lecture
on 9 février 2016

il etait une lettre

J’ai lu en fin de semaine dernière (oui, oui je l’ai lu très vite) Il était une lettre de Kathryn Hughes. Ce roman raconte en parallèle l’histoire de deux femmes. Il y a d’un côté Tina, une jeune femme vivant dans les années 70, mariée un homme alcoolique et violent. Il y a de l’autre Chrissie, une jeune fille qui à la veille de la déclaration de guerre de l’Angleterre à l’Allemagne en 1940 se retrouve enceinte au grand désespoir de ses parents qui finissent par l’envoyer accoucher au loin. Un beau jour, Tina qui travaille dans une boutique caritative à Manchester trouve un sac rempli de vetements. Dans la poche d’un costume, elle trouve une lettre adressée à une certaine Chrissie. Billy, l’auteur de la lettre s’excuse et la demande en mariage. Mais fait étrange la lettre n’a jamais été postée. Tina se demande vient pourquoi. Elle décide alors de retrouver la mystérieuse Chrissie et son bébé et de lui remettre la lettre.

Mon avis ? Franchement j’ai adoré!! Je l’ai lu très vite tellement j’avais hâte de savoir ce qu’était devenu Chrissie et son bébé mais aussi ce qu’il allait advenir de Tina.

Je ne sais pas ce qui m’a plu le plus dans ce roman. En fait j’ai tout aimé je crois bien. J’ai aimé la construction qui fait alterner l’époque où vivait Chrissie et les années 70 où vit Tina jusqu’à ce que le destin de ces deux femmes se croisent. C’est pas particulièrement original ce procédé. D’autres avant l’on utilisé avec plus ou moins de bonheur. Je pense notamment à Tatiana de Rosnay avec Elle s’appelait Sarah ou encore à Sarah McCoy dans Un gout de cannelle et d’espoir. Si pour ce dernier ce n’était pas une réussite, là ce n’est pas le cas. Ça fonctionne du feu de Dieu.

Après ce roman aborde avec beaucoup de sensibilité des thèmes très durs : la violence conjugale, l’alcoolisme, les filles-mères, le pardon. Il faut en effet savoir que ces institutions qui accueillaient les filles-mères ont vraiment existé et que des milliers de jeunes filles célibataires ont été contraintes d’abandonner leur bébé après la naissance!!

En bref Il était une lettre de Kathryn Hughes est un véritable coup de coeur. Je dois pas être la seule d’ailleurs à avoir adoré ce roman puisqu’en Angleterre c’est devenu en quelques semaines un Best-seller!!!

Alors qui va se laisser tenter par Il était une lettre de Kathryn Hughes ?

La quatrième de couverture : Tina est malheureuse auprès d’un mari trop porté sur la boisson et souvent violent. Le week-end, pour ne pas être à ses côtés, elle se réfugie dans une boutique caritative où elle est vendeuse bénévole. C’est alors que sa vie bascule lorsqu’elle y découvre une lettre dans la poche d’un vieux costume. Cette lettre n’a jamais été ouverte, le timbre n’est pas cacheté et elle date de septembre 1939 : c’est une demande en mariage.
Très émue que la destinataire n’ait jamais reçu cette demande, Tina va mener l’enquête et découvrir l’histoire bouleversante d’un amour impossible… Celui de Chrissie, jeune sage femme de 17 ans qui tombe éperdument amoureuse du jeune séducteur de son quartier, malgré les réticences de son père, un médecin très strict. La guerre finit par exploser et son grand amour est contraint de partir au front, la laissant enceinte, et seule face à ce secret honteux qui va faire exploser sa cellule familiale.
Pendant que Tina poursuit ses recherches, elle découvre qu’elle aussi est enceinte, mais d’un homme qu’elle n’aime plus. Elle décide d’essayer de retrouver à tout prix Chrissie et son enfant, en espérant ainsi redonner du sens à sa vie.

Prochaine lecture : Celle d’avant de Ninon Maréchal

Corinne Touzet prend un Nouveau départ au théâtre des Variétés

Posted in Au théatre ce soir
on 8 février 2016

Je vous l’ai dit l’autre jour, j’ai renoué avec le théâtre en ce début d’année 2016. La dernière pièce que j’ai vu c’est Un nouveau départ avec Corrine Touzet, Christian Vadim et Fanny Guillot au théâtre des Variétés.

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Un appartement parisien, peu avant Noël, Catherine (Corinne Touzet), une chef d’entreprise trouve sur son palier Michel (Christian Vadim), un SDF. D’abord réticente, elle finit par l’inviter à passer Noël avec Sarah (Fanny Guillot) son ado de fille et elle. De fil en aiguille, elle va le prendre en charge : elle l’aide à refaire son CV, à s’inscrire à Pôle Emploi. Elle lui décroche même un entretien pour un job. Mais voilà, le SDF n’a pas spécialement envie de trouver un boulot et de partir.

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Franchement elle a bien changé notre capitaine de gendarmerie!! Depuis 8 ans et la fin de la série Une femme d’honneur, Corinne Touzet a tourné dans plusieurs téléfilms et joué dans quelques pièces de théâtre. Elle revient en ce début d’année sur les planches avec Un nouveau départ, pièce créée par Antoine Rault l’été dernier au festival d’Avignon et elle est plutôt convaincante dans son rôle de chef d’entreprise qui a raté sa vie amoureuse. Pour lui donner la réplique, Christian Vadim est excellent. C’est d’ailleurs lui que j’ai préféré des trois comédiens sur scène. Je ne pourrait pas retranscrire son jeu mais j’ai adoré son ton. Bon j’ai pas vu toutes ses mimiques car j’étais au premier balcon sur la gauche et une partie de la scène m’était caché (zut, zut et zut!) mais son ton, ses répliques, son jeu était excellent. Rien à dire :)

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Après contrairement à ce qui est dit dans la présentation officielle de la pièce, Un nouveau départ n’est pas drôle d’un bout à l’autre. Ce n’est pas ce que j’appellerais à proprement parlé une comédie. Certes y a bien quelques répliques qui font sourire voir carrément rire mais pas plus. Certaines scènes sont trop caricaturales je trouve pour que l’on puisse en rire vraiment. Par exemple au moment où Sarah, la fille donc, se lamente qu’elle a rompu avec son petit ami et qu’elle précise qu’ils allaient fêter leur trois semaines! Ça fait sourire mais c’est tout. Dès fois même j’ai trouvé que Fanny Guillot surjouait son personnage.

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En bref, Un nouveau départ est malgré tout une pièce agréable. Allez si vous voulez tout savoir, j’ai passé une bonne soirée :)

C’est où ?

Un nouveau départ

Théâtre des Variétés

7, boulevard Montmartre

75002 Paris

Métro Grands Boulevards

Jusqu’au 5 mars 2016

Du Mercredi au samedi à 20h00 et en matinées le samedi à 16h00 et le dimanche à 16h30

Rome en un jour de Maria Pourchet

Posted in Lecture
on 5 février 2016

rome en un jourJe viens de lire Rome en un jour de Maria Pourchet fraichement publié en poche aux  éditions Folio. Ce court roman se situe à Paris un soir d’été. Marguerite a organisé sur la terrasse d’un grand hôtel un anniversaire surprise pour son compagnon Paul. Elle a  invité une quinzaine d’amis plus ou moins prochain qui attendent tranquillement l’arrivé  du couple. Sauf que ce soir-là, Paul ne veut pas sortir. Marguerite a bon tout essayer, rien n’y fait. Pire le couple en vient à se disputer violemment.

Mon avis ? Franchement quand j’ai commencé Rome en un jour, je me suis dit que cela  n’allait pas être bien folichon, que j’allais un peu m’ennuyer avec cette lecture. En fait il n’en a rien été, j’ai bien aimé. En premier lieu, j’ai bien aimé le style de l’auteur. Alors même que c’est ce qui m’avait fait craindre le pire au début, j’ai trouvé ça chouette. Première chose, le texte se présente au départ un peu comme un scénario de film ou de théâtre. Il y a des didascalies en ouverture des chapitres pour situer l’action dans l’espace et le temps. Ensuite, il y a la façon même dont l’histoire est racontée. Toute les scènes sont racontées de l’extérieur. Le narrateur s’adresse directement au lecteur un peu à la manière de certaines voix off dans les films. Au départ, c’est un peu bizarre cette façon de faire et puis je m’y suis faite rapidement. Perso j’ai trouvé que ça contribuait grandement à l’intérêt que j’ai trouvé à ce roman :)
Ensuite je suis bien rentrée dans cette histoire de couple mais aussi plus généralement  de relations humaines. On suit en effet alternativement ce qui ce passe chez Marguerite  et Paul et sur le toit de l’hôtel. Si le couple va se balancer des horreurs à la tête  toute la soirée, les amis sur le toit de l’hôtel vont se révéler être de beaux hypocrites. Je crois que l’on reconnaitra tous quelqu’un dans les invités présents. Vraiment, on a là une belle brochette de faux-culs quand on y pense. Que ce soit Sabine, la bonne copine de Marguerite qui va balancer par exemple sur la robe de cette dernière alors qu’elle-même l’a poussé à l’acheter ou encore Benoit ou Ariel, tous sans exception sont des hypocrites patentés. Et je me rends compte que je n’ai éprouvé de réelle sympathie pour aucun d’entre eux si ce n’est peut être à la fin un peu pour le pauvre Michel que tous laisse tomber et payer les consommations en sus.
Au final, une fois la dernière page tournée, je n’ai pas regretté d’avoir choisi de  lire ce roman. J’ai trouvé cette histoire jubilatoire d’un bout à l’autre. Rome en un jour de Maria Pourchet est au final une bonne surprise pour moi (comme quoi des fois, il faut laisser ses aprioris de côté).

La quatrième de couverture : «Paul était devant le poste, à mille lieues d’envisager qu’on pût lui réserver un anniversaire surprise fin juin, à lui, natif de février.»
Marguerite tente en vain de convaincre Paul de sortir. C’est le début d’une guerre dont les proportions vont leur échapper à tous deux. À l’autre bout de la ville, en attendant l’arrivée du couple, les invités prennent possession des lieux. Peu à peu, la soirée dérive loin du projet initial.
Maria Pourchet explore le fonctionnement d’un couple, les origines de son désastre mais aussi l’étendue des solitudes. On rit à chaque page… non sans un certain effroi.

Prochaine lecture : Il était une lettre de Kathryn Hughes.