Septembre rouge de Anders Bodelsen

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on 26 décembre 2014

septembre rougeJe viens de terminer la lecture de Septembre rouge (Rouge encore) de Anders Bodelsen. On en parle ? Allez c’est parti! Septembre rouge raconte l’histoire de deux frères, Jens et Soren. Soren est mort lors d’un glissement de terrain en Autriche cinq ans auparavant. Sa femme l’a identifie et aucun doute n’est donc permis. Mais alors que Jens rentre chez lui, il s’arrête sur une petite place dans la banlieue de Copenhague. Là il se retrouve nez à nez avec un homme qu’il identifie immédiatement comme étant Soren. Jens va alors rendre visite à sa belle sœur pour tenter de comprendre. Puis il va retourner sur la place où il a vu son frère. Pendant ce temps, Soren lui remonte la piste d’activistes danois avec lesquels il a eu des relations par le passé. Mais voilà, il est gravement blessé alors qu’il tente de s’introduire dans un appartement et a besoin d’aide.

Mon avis ? J’avais été attirée par la quatrième de couverture de ce roman qui laissait supposer un polar haletant. Et bien après avoir lu le roman dans son entier, je peux vous dire que je me suis bien faite avoir. Ce n’est pas du tout ça. Mais alors j’ai envie de dire pas du tout! je pensais en lisant la quatrième de couverture que Jens allait mener l’enquête, fouiller le passé de son frère, remonter la piste jusqu’à lui. Et bien que nenni! Après avoir vu (ou cru voir) son frère, Jens doute et décide d’aller voir son ex-belle-soeur pour savoir ce qui s’est passé cinq ans plus tôt en Autriche. Ça pourrait être le début de l’enquête. Et bien non car l’auteur change très vite de point de vue et passe de Jens à Soren. Pour le lecteur le doute n’est plus permis : Soren est bel et bien vivant. Zut j’ai envie de dire. On va à partir de là alterner les points de vue entre les deux frères. A partir de là aussi, il n’y aura pas beaucoup plus d’action. C’est finalement assez plat mais pas forcément dénué de tout intérêt. Ce qui est intéressant dans tout ça, c’est le cadre historique. L’auteur évoque en effet en toile de fond les groupuscules d’extrême droite qui projettent des attentats. Jens mais surtout Soren ont fait parti de ces groupes dans leur jeunesse. Et si Jens s’est rangé et travaille maintenant pour le gouvernement, Soren n’a en rien abdiquer ses convictions. Bon j’aurai quand même un bémol car j’ai trouvé que certains aspects étaient trop vite esquissés. Pour un lecteur lambda pas familier avec l’histoire du Danemark c’est pas facile, facile. Pour un lecteur danois, la donne est sans doute très différente car l’auteur donne des dates et j’ai eu l’impression, ancre son histoire dans l’histoire récente du pays. Allez, ça ne gâche pas le plaisir que l’on a à lire ce roman. Dans l’ensemble, ça se lit bien. Et ce même s’il y a peu d’action. Et que certaines choses sont trop rapidement esquissées et qu’aucune explication n’est réellement donnée. Bref, même si je m’attendais à quelque chose de totalement différent, ce n’en est pas moins une bonne lecture :)

La quatrième de couverture : Søren est mort dans lors d’un glissement de terrain en montagne. Sa femme Vera l’a identifié sans le moindre doute, tous l’ont pleuré, puis ont fait leur deuil. Et les années ont passé… Mais alors qui est cet homme que Jens a cru voir dans une station-service où il s’était arrêté par hasard? Convaincu d’avoir reconnu son frère – bien vivant – Jens va tenter de comprendre qui était vraiment Søren et quels secrets pourraient l’avoir obligé à disparaître…

Prochaine lecture : Le royaume de Emmanuel carrère

Peine perdue d’Olivier Adam

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on 23 décembre 2014

peine perdue olivier adamDepuis plusieurs années maintenant, Priceminister organise les matchs de la rentrée littéraire des blogueurs. Cette année encore, j’ai décidé de participer et j’ai choisi dans la sélection de titres proposés de lire et de chroniquer le dernier roman d’Olivier Adam, Peine perdue. Peine perdue est un roman polyphonique. Cela commence avec l’histoire d’Antoine, joueur de football vedette de l’équipe locale. Antoine travaille sur le chantier de réfection d’un camping mais un beau jour il est sauvagement agressé et ai abandonné sur un banc en face de l’hôpital. pendant ce temps, la tempête se déchaine sur la côte et un couple de petits vieux en villégiature dans le coin se retrouve emportés par les flots déchainés. Seul le vieil homme s’en sortira; sa femme périra noyée. De fil en aiguille, nous allons suivre une succession de personnages qui se trouvent liés les uns aux autres par un lien de parenté, une histoire commune ou parce que leur chemin s’est croisé à un moment ou à un autre .

Mon avis ? J’ai beaucoup aimé ce nouveau roman d’Olivier Adam. J’ai aimé la façon dont c’est écrit : 22 portraits d’hommes et de femmes. Ça commence avec Antoine et ça se terminera avec Antoine mais avant ça, son ex-femme, son père, sa sœur, son entraineur, le joueur de l’équipe adverse à qui il a donné un coup de boule et quelques autres vont venir tour à tour témoigner de leur quotidien dans cette cité balnéaire désertée. Il est question d’amour, de chômage, de la difficulté à élever son enfant, du mal d’enfant aussi, de trouver sa voie, de faire son trou, d’être heureux tout simplement. Dans Peine perdue, il est question de la vie tout simplement, de la vie qui pourrait être la notre ou celle de quelqu’un que l’on connait.

Après le style de l’auteur pourra en décontenancé certains. Au début de Peine perdue tout du moins, l’auteur ne s’embarrasse pas avec la ponctuation.   Le style est très oral je trouve. J’ai eu l’impression d’être dans la tête des personnages par moment. Et puis, petit à petit cet aspect s’estompe et va jusqu’à disparaitre au profit d’un style plus littéraire. Et ce alors même que les personnages restent des gens des classes populaires qui ont fait peu d’études. C’est dommage d’avoir laissé tomber cette façon d’écrire car je trouve que c’était une grande force de ce roman (et sans doute l’un des meilleurs points).

Bon c’est pas grave car malgré tout, j’ai beaucoup aimé cette lecture. Ma note ? 16/20.

La quatrième de couverture : Les touristes ont déserté les lieux, la ville est calme, les plages à l’abandon. Pourtant, en quelques jours, deux événements vont secouer cette station balnéaire de la Côte d’Azur: la sauvage agression d’Antoine, jeune homme instable et gloire locale du football amateur, qu’on a laissé pour mort devant l’hôpital, et une tempête inattendue qui ravage le littoral, provoquant une étrange série de noyades et de disparitions.
Familles des victimes, personnel hospitalier, retraités en villégiature, barmaids, saisonniers, petits mafieux, ils sont vingt-deux personnages à se succéder dans une ronde étourdissante. Vingt-deux hommes et femmes aux prises avec leur propre histoire, emportés par les drames qui agitent la côte.
Avec Peine perdue, Olivier Adam signe un livre d’une densité romanesque inédite, aux allures de roman noir, et dresse le portrait d’une communauté désemparée, reflet d’un pays en crise.

Prochaine lecture : Septembre rouge (rouge encore) de Anders Bodelsen

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