A perfect day (un jour comme un autre)

Posted in Ciné, cinéma
on 15 mars 2016

Je suis allée voir la semaine dernière le dernier film de Fernando Leon de Aranoa, présenté lors de la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes en 2015, A perfect day (un jour comme un autre).

perfect-day

Le film, adapté du roman Dejarse Llover de Paula Farias (connais pas) raconte une journée dans la vie d’un groupe d’humanitaires dans les Balkans. Tout commence quand un corps est jeté dans un puits. Mambru (Benicio Del Toro) et son équipe tente de le sortir de là afin que la population locale puisse se servir de l’eau du puits. Malheureusement la corde se rompt. B. Et leur interprète Damir (Fedja Stukan) tente de s’en procurer une autre dans un village voisin tandis que Mambru et Sophie (Mélanie Thierry que l’on a pu voir récemment dans Je ne suis pas un salaud), une nouvelle recrue se rendent à une réunion de l’ONU. En chemin, ils sauvent un petit garçon, Nikola dont les parents sont partis et l’ont laissé à la garde de son grand-père. Sur place, ils retrouvent Katya (Olga Kurylenko), une ancienne maitresse de Mambru chargé par l’ONU de statuer sur l’opportunité de continuer la mission et avec qui la cohabitation va s’avérer difficile au départ.

a-perfect-day-un-jour-comme-un-autre

Franchement, ce film est absolument génial. J’ai proprement adoré!! J’ai aimé le mélange des genres. On est propulsé en plein conflit, les humanitaires tentent comme ils peuvent de venir en aide à la population locale mais n’y arrivent pas toujours. Ca pourrait faire un film sombre et pourtant non car c’est bourré d’humour. Le personnage de B. interprété par Tim Robbins  est sans  aucun doutcelui qui a le plus d’humour dans le film. C’est sans doute pour ça aussi que de tous c’est celui que j’ai préfère je crois bien :)

A-perfect-day-4

A noter également, la très belle bande son  interprétée par Marylin Manson entre autre. Oui j’ai adoré aussi la musique de ce film :)

A-perfect-day-2

Que vous dire de plus ? Rien sinon que le film sort mercredi 16 mars et que je vous conseille vivement d’aller le voir :)

Les 39 marches

Posted in Au théatre ce soir
on 11 mars 2016

Je suis allée voir une drôle de pièce de théâtre l’autre jour. Ça s’intitule Les 39 marches, c’est joué au Palace, c’est une libre interprétation du film éponymes Hitchcock, c’est complètement déjanté, c’est juste génial. Je vous raconte ?

LES-39-MARCHES

Quand le rideau se lève, nous sommes à Londres à la vieille de la seconde guerre mondiale. Richard Hannay s’ennuie. Pour se distraire, il va au théâtre où il rencontre une charmant jeune femme qu’il ramène chez lui. Malheureusement elle est assassinée après lui avoir reveler que des secrets militaires vont être dérobés et livré à l’ennemi. Recherché par la police, Richard Hannay s’enfuit. Il tente de gagner l’Écosse afin de rencontrer un mystérieux professeurs et faire le jour sur cette affaire.Mais la route est longue et semée d’embuches de Londres à Glasgow…

les 39 marches

C’est alléché par le fait que cette pièce, mise en scène par Eric Métayer, a reçu le Molière de la pièce comique et de la meilleure adaptation en 2010 que je me suis décidée à prendre des places. Et je n’ai pas regretté!

Qu’est ce qui a attire mon attention comme ça ? La mise en scène et les artifices utilisés. Ca va d’un jeu d’ombre chinoise à des comédiens qui figurent une rivière avec des cordes ou marécages avec des brins d’herbes à la main. Franchement j’ai trouvé ça épatant et très drôle :) Je n’ai pas pu m’empêcher de rire quand Richard Hannay échappe à ses poursuivants en passant par la fenêtre d’une ferme et…part avec la dite fenêtre! J’ai adoré aussi les deux espions qui vont et viennent sur scène avec leur lampadaire au début du spectacle. J’ai été bluffée par l’inventivité de la mise en scène.

les 39 marches

Le tout est servi par un quatuor de comédiens au top. Ils ont une pêche d’enfer sur scène. Vous imaginez, vous ? Ils sont quatre et ils interprètent pas moins de 150 personnages!!

Je vous recommande vivement Les 39 marches. Ça serait dommage de louper ça d’autant plus que ce sont les dernières représentations en France :)

C’est où ?

Les 39 marches

Théâtre Le Palace

8 rue du faubourg Montmartre
75009   Paris

jusqu’au 29 mai 2016

Mémoire morte de Gilles Vidal

Posted in Lecture
on 10 mars 2016

memoire morte gilles vidal

Je viens de terminer Mémoire morte de Gilles Vidal. L’histoire s’ouvre sur un accident de la route évité de justesse. Tout de suite après on plonge dans le quotidien de Carl Frot, un cadre supérieur travaillant dans une société d’affacturage. Une nuit, il surprend un cambrioleur dans sa maison mais celui-ci s’enfuit avant qu’il ait le temps de l’arrêter. Chaque jour, Carl se sent épié, suivi. On dépose sur son pare-brise des menaces de mort. Un beau jour, il reçoit même  une vieille poupée dont il ne comprend pas la signification. Petit à petit l’inquiétude le gagne. Qui peut bien lui en vouloir ? Et surtout pourquoi ? Pendant ce temps-là, dans la petite ville de Gramont où il habite, un tueur en série sème la terreur en enlevant, torturant et tuant des jeunes filles évoluant dans le milieu Gothique. Le commissaire Parisot est sur ses traces et espère bien l’arrêter avant qu’il ne tue sa dernière proie.

Mon avis ? J’ai bien aimé ce polar dans son ensemble. J’ai toutefois trouvé que ça mettait un peu trop de temps à se mettre en place. Au risque de perdre quelques lecteurs en route, l’auteur n’hésite pas à recourir au début à de longues descriptions. Avec Mémoire morte donc, il faut s’accrocher. Parce qu’une fois entré dans le vif du sujet, c’est vraiment bien!! C’est vraiment bien parce que ce n’est pas un thriller classique comme on pourrait le penser à la lecture de la quatrième de couverture. Je m’explique : on pourrait penser que Mémoire morte va nous raconter la traque d’un tueur de jeunes filles dans le milieu gothique. En fait non. Non parce que l’assassin est identifié très tôt dans le roman. Il a déjà échappé à la justice à cause d’un vice de forme et il ne reste au commissaire Parisot qu’à lui remettre la main dessus avec de nouvelles preuves. Il ne s’embête pas à suivre d’autres pistes, notre commissaire. Il connait son tueur, il le traque. Toute l’intrigue tourne bien plus autour de Carl Frot. Qu’a t’il fait ? Qui lui en veut à se point ? Pourquoi ? C’est ça le cœur véritable de l’histoire. Le reste, j’ai envie de dire, ne sert qu’à égarer le lecteur. Quoique en fin de compte, tout fait sens. A la fin toutes les pièces du puzzle viennent s’emboiter les unes dans les autres pour notre plus grand plaisir.

D’une intrigue de base on ne peut plus classique pour un thriller (un tueur en série qui sème la terreur c’est pas très original), Gilles Vidal réussi le tour de force de faire un roman plutôt original Sa maitrise du genre fait qu’il nous offre une intrigue rudement bien ficelée et addictive. Une fois plongé dans l’histoire, on veut savoir le fin mot de l’histoire. En bref, Mémoire morte de Gilles Vidal est un bon thriller.

La quatrième de couverture : Bienvenue à Gramont, petite ville si douce où il ne se passe jamais rien… Sauf quand les cadavres commencent à pleuvoir autour du commissaire Franck Parisot. Il finit par comprendre que Gramont est la cible d’un tueur en série particulièrement retors… Mais qui est cette ombre qui surveille à la fois le monstre et Carl Frot, un cadre apparemment sans histoire ? Alors qu’une tempête sans précédent éclate sur la ville, les plaies du passé vont se rouvrir, et nul n’en sortira indemne… « À l’idée de l’heure de la vengeance qui n’allait pas tarder à venir, la chose eut une sorte de violent frisson qui lui partit du bas-ventre, telle une secousse tellurique, qui remonta le long de ses vertèbres, avant de venir exploser dans son crâne, lui procurant un genre d’ivresse brutale, furieuse, si bien que le jardin et ses ombres protéiformes se mirent à tournoyer autour d’elle comme les chevaux de bois fantomatiques d’un manège irréel. Je suis un lémure, pensa-t-elle encore. Oui, bien qu’en vie, je suis Lémure… »

Prochaine lecture : Danse de la vie brève de Hubert Antoine

Ce qu’il nous faut, c’est un mort de Hervé Commère

Posted in Lecture
on 4 mars 2016

ce qu il nous faut c est un mortJ’ai eu la chance de recevoir le dernier roman d’Hervé Commère, Ce qu’il nous faut, c’est mort qui paraitra le 10 mars prochain aux éditions Fleuve.

En 1998, les différents protagonistes de cette histoire vivent un événement qui sans le savoir va bouleverser leur vie. Melie vient au monde; 3 jeunes hommes, Vincent, Patrick et Maxime écrasent une jeune fille qu’ils laissent pour morte; Marie est violée; William sort danser et rencontrer celle qui deviendra sa femme. 20 ans plus tard, Vincent a succédé à son père à la tête de l’usine de fabrication de lingerie Cybelle. Patrick a pris la suite de son père à la tête de son cabinet d’assurance. Seul Maxime n’a pas réussi à tourner la page. Il est aujourd’hui mécanicien aux ateliers Cybelle et chef du CE. Il est marié à Marie Damremont, la jeune fille violée 18 ans plus tôt à Nancy. Tout pourrait aller très bien si Vincent n’avait pas décidé de vendre les ateliers Cybelle à un fond d’investissement. Alors que les ouvrières s’attendent au pire, Maxime décède sur la route de la corniche. Contre toute attente, sa mort galvanise les employés et la résistance s’organise tandis que William, un flic noir échoué au commissariat de Dieppe mène l’enquête sur cette mort qui le laisse sceptique.

Mon avis ? Franchement j’ai adoré!!! Je n’avais encore rien lu d’Hervé Commère. je n’en avais même jamais entendu parlé avant mais en lisant la quatrième de couverture, je me suis dit pourquoi pas. Mais franchement je ne m’attendais pas du tout à ça et Ce qu’il nous faut, c’est un mort a été plus qu’une bonne surprise. Qu’est ce qui m’a séduite ? le style! Je dois dire que la narration est assez particulière et fait tout le charme de ce roman. Comment vous dire ? C’est comme si on vous racontait l’histoire. Un peu à la manière d’une voix off ou de ce que l’on pourrait trouver dans certains épilogues de roman justement. Je ne sais pas si vous voyez le truc ? Le narrateur énonce les faits qui vont survenir puis il raconte. C’est du genre : « Il ne le sait pas encore mais elle deviendra sa femme ». Franchement, c’est ce mode de narration omniscient qui m’a franchement séduite. C’est très différent de ce que l’on rencontre habituellement dans les romans policiers :)

Après l’intrigue aussi va différer des romans policiers traditionnels. La mort de Maxime va générer une enquête certes mais j’ai eu l’impression que ce n’était pas ça qui était au centre de l’intrigue. L’intrigue tourne bien plus autour de la vente des ateliers Cybelle et de la fronde des ouvrières (inspirée de celle des ateliers Lejaby en leur temps).

En bref, Ce qu’il nous faut, c’est mort d’Hervé Commère est un excellent polar. J’ai adoré. Je n’avais qu’une hâte à mesure que j’avançais dans l’histoire, c’était d’en savoir toujours plus. Bref je vous le recommande vivement :)

La quatrième de couverture : « I will survive ». C’était le dimanche 12 juillet 1998. À quel prix ? Ça, la chanson ne le dit pas. Cette nuit-là, trois garçons pleins d’avenir ont renversé une femme, une étudiante s’est fait violer, un jeune flic a croisé son âme sœur et un bébé est né. Près de vingt ans plus tard, voilà que tous se trouvent concernés par la même cause. On est à Vrainville, en Normandie. L’usine centenaire Cybelle va fermer ses portes. Le temps est venu du rachat par un fonds d’investissement. Cybelle, c’est l’emploi de la quasi-totalité des femmes du village depuis trois générations, l’excellence en matière de sous-vêtements féminins, une réussite et surtout, une famille. Mais le temps béni de Gaston est révolu, ce fondateur aux idées larges et au cœur vaste dont les héritiers vont faire une ruine. Parmi ces héritiers, Vincent, l’un des trois garçons pleins d’avenir. Il a la main sur la destinée de quelques centaines de salariés. Mais il n’a pas la main sur tout, notamment sur ce secret étouffé dans un accord financier vingt ans plus tôt par son père et le maire de Vrainville, père du 2e larron présent la nuit du 12 juillet dans la voiture meurtrière. Le 3e gars, Maxime, n’a la main sur rien, personne n’a payé pour lui et surtout il n’a pas oublié. C’est l’un des seuls hommes employés par Cybelle et un délégué syndical plutôt actif. Côté ouvrier, on connaît déjà le prix de la revente de Cybelle. Ca signifie plus que la fin d’une belle histoire entrepreneuriale : la mise au ban, la galère et l’oubli. Alors c’est décidé, ils n’ont plus le choix : puisque personne ne parle d’eux, ce qu’il leur faut, c’est un mort.

Prochaine lecture : De chair et d’os de Dolores Redondo